La musique dite classique - terme général qui englobe les musiques ancienne, classique, baroque, romantique, religieuse, ethnique, traditionnelle ... - est une forme d'expression sonore qui existe en soi. Entendons par là qu'elle existait déjà avant l'invention du haut-parleur et qu'elle n'a pas besoin de lui pour se faire entendre. Ces musiques ont été composées pour s'exprimer par le truchement d'instruments, de voix, vers un public présent dans la salle où elle est jouée. L'enregistrement permet aux mélomanes d'emporter leur trésor chez eux et d'en jouir au calme, à volonté.
L'enregistrement de la musique classique, le plus souvent acoustique, comporte une contrainte fondamentale : le résultat obtenu sur les haut-parleurs doit reproduire le mieux possible l'interprétation originale. L'audition en direct de l’œuvre reste le seul critère de comparaison ; cela n'implique nullement de réaliser un banal constat des notes jouées. Au cours de son jeu le musicien s'investit physiquement et psychiquement, aboutissant à une interprétation qui confère à l’œuvre un certain climat et une certaine éloquence. En direct, pour l'auditeur, la perception de ces deux facteurs est facilitée par la vue. [...]
Hors captation vidéo, l'enregistrement exclut la vision des interprètes. L'ingénieur du son doit capter les ondes sonores dans leur plénitude : elles sont mélodie, timbres, harmonie ou dissonance, et portent en même temps climat et émotion.
L'ingénieur du son s'apparente dans sa démarche au portraitiste peintre ou photographe. Il est impératif que le sujet du portrait soit reconnaissable sans la moindre hésitation. Mais l'artiste garde la liberté de saisir une expression fugitive du visage qu'il fixera sur la toile ou sa pellicule, expression qu'il pourra encore accentuer ou interpréter à l'aide d'un éclairage approprié.
En prise de son, cet éclairage s'appelle "transparence" et s'obtient en dosant présence et plans sonores.
La notion d'image sonore est la résultante de la largeur de cette image, de sa profondeur et de son relief, ainsi que de son équilibre spectral et dynamique.
d'après Georges Kisselhoff & Sébastien Noly
Le livre des techniques du son (sous la direction de Denis Mercier)
Tome 3 - L'exploitation - Chapitre 1
Éditions Dunod
Le preneur de son connaît le phénomène sonore, parce qu'il le scrute du dedans. S'y placer, s'y situer, choisir un point d'écoute, un point de prise de son, c'est désigner une place à l'auditeur ; comme la photo désigne autant la place du photographe que celle du spectateur. Une place qui n'est pas censé agir sur le phénomène mais d'où l'on bâtit l'écoute d'un à-venir.
Daniel Deshays
Libertés d'écoute - Éditions MF
LE MONTAGE
Le "monteur classique" est le premier à entendre le résultat de chaque montage, à juger s'il passe inaperçu dans la continuité musicale de l’œuvre. Dans le cas contraire, c'est à lui de prendre la décision de déplacer ce montage d'une ou deux notes (voire d'une mesure) en avant ou en arrière pour trouver l'endroit où ce montage remplira son rôle de relais entre deux prises sans affecter l'unité musicale. Cela n'est pas une mince responsabilité et demande une sensibilité musicale certaine.
Avec le montage virtuel, le champ des possibles, en terme de montage, devient infini. La seule limite est fixée par la précision de l'écoute du monteur et sa capacité de lecture de la partition. Alors commencent les problèmes de gestion du temps de postproduction pour retrouver l'émotion qui s'est produite pendant l'enregistrement. C'est bien la maîtrise d'ensemble des différentes étapes de la chaîne de production qui permet de garantir un produit de qualité en accord avec le projet esthétique et artistique défini au départ.
LE MIXAGE
Le travail en multipiste [inhérent à une prise de son multimicros] permet le rééquilibrage de tous les instruments. Il se concrétise par une réduction qui est le plus souvent stéréophonique ou encore multicanal.
[On parle de mixage "fidèle" :]
Lorsque les prises de son ont été réalisées avec tous les musiciens jouant ensemble en même temps dans la même acoustique, le relief et la spatialisation sont reproduits naturellement : la référence est l'interprétation dans le lieu même.
Le mixage consiste à retrouver la balance naturelle avec l'acoustique de la pièce et le son des instruments tels qu'ils ont été joués.
La diaphonie acoustique importante entre les microphones amène une couleur d'ensemble mais réduit donc la marge de possibilités de modifications des sons.
LE MASTERNG
Même si la prise de son et l'image sonore produite parfaitement montée et mixée priment sur tout le reste, l'étape de mastering audio constitue une ultime et dernière étape avant la livraison du produit fini au monde de l'industrie (pressage et/ou Web).
Le mastering audio aura donc une fonction première consistant à mettre en conformité technique le résultat de toute la production décrite précédemment (la plupart du temps un fichier audio de haute résolution numérique, mixé, monté et constitué de deux canaux pour la stéréophonie "traditionnelle") avec le support physique ou virtuel qui servira à sa diffusion et à sa commercialisation.
Sébastien Noly - Le livre des techniques du son (sous la direction de Denis Mercier)
Tome 3 - L'exploitation - Chapitre 1
Éditions Dunod
L'audition de différentes interprétations d'une même œuvre nous montre que l'écoute ne concerne pas seulement la musique telle qu'elle est notée arbitrairement sur la partition, mais aussi le réseau complexe que constituent les nuances d'interprétation, l'acoustique du lieu de prise de son, la nature des instruments de l'orchestre, la distance des micros et leur type, les rapports d'intensité, tout ce qui relève de la mise en scène mais aussi de ce qui se rassemble dans le timbre : autant d'éléments rendus illisibles par leur nombre mais néanmoins bien présent dans l'écoute.
Daniel Deshays
Pour une écriture du son - Éditions Klincksieck
La création sonore et musicale, tant pour le spectacle vivant que pour les productions audiovisuelles - voire purement audio (CD, radio, installation, etc,), constitue un art à part entière, bien que souvent méconnu ou pour le moins non conscientisé par le grand public.
Loin de se réduire à un simple accompagnement ou à une illustration sonore, elle participe pleinement à la construction dramaturgique. Le compositeur sonore est un artisan de l'invisible, un pourvoyeur d'émotion qui sculpte le temps et l'espace par le son.
La dimension sonore embrasse un spectre très large : composition musicale originale, conception de paysages sonores, travail sur les ambiances, bruitage, spatialisation du son. Chacun de ces éléments contribue à créer un univers sensible dans lequel le spectateur ou l'auditeur est immergé, parfois à son insu. C'est spécifiquement la force du son : il agit sur l'inconscient, modifie la perception du temps, oriente le regard, crée de la tension ou de l'apaisement sans que l'on en identifie toujours la source.
Le travail du créateur sonore commence généralement en amont. Son rôle ? Traduire l’univers de l’œuvre en paysages auditifs. Il s'agit de comprendre la vision artistique du projet, d'en saisir les enjeux narratifs et émotionnels, puis de proposer une écriture sonore qui dialogue avec le texte, les images, le jeu des acteurs, la scénographie et la lumière.
L'évolution des technologies numériques a considérablement transformé les pratiques. Les logiciels de création sonore et musicale, les systèmes de multidiffusion et les outils de spatialisation offrent aujourd'hui des possibilités immenses. On peut désormais faire voyager un son dans l'espace, envelopper le public, créer des textures inouïes, et ce de façon infiniment subtile,
Il serait vain de parler de création sonore et musicale sans évoquer le silence. Celui-ci est sans doute l'outil le plus puissant du créateur sonore, celui sur lequel il peut s'appuyer en toute confiance. Savoir se taire, ménager des respirations, laisser le vide s'installer pour mieux le rompre ensuite.
La création sonore est un territoire de recherche infini, où se croisent musique, création électroacoustique, poésie, dramaturgie et technique ; un espace où l'oreille devient, autant que l'œil, le chemin vers l'imaginaire.
Microphones
AKG / Audio Technika / Beyerdynamic / DPA / Marantz / Neumann / Oktava
Schoeps / Sennheiser / Telefunken
Carte-son
RME Fireface UFX
Focusrite Scarlett 18i20
Focusrite OctoPre
Surface de contrôle
SSL UF8 & UF1
Écoutes
Focal / Yamaha / KRK
Ampli casques x8
Casques
Sennheiser / Focal / Beyerdynamic / Hercules
Informatique
Protools / Nuendo / Luna / Ableton Live / Wavelab
MacBook Pro
(pour la prise de son sur site)
Traitements audio
( ... Arturia / AudioEase / Black Box Analog Design / Blue Cat Audio / Boom interactive / Brainworx / Celemony / Dear Reality / Elysia / Eventide / Fabfilter / Flux / Goodhertz / Hofa / Inspired Acoustics / iZotope / Mäag Audio / MeldaProduction / MixUp / Native Instruments / oeksound / Plugin Alliance / Process Audio / PSPaudioware / Pulsar Audio / Shadow Hills / Slate Digital / Softube / Sonible / Sonox / SoundToys / SPL / SSL / TC Electronics / Unfiltered Audio /
UAD / Valhalla DSP / Waves ... )